L'or grimpe alors que le cessez-le-feu redéfinit le scénario haussier

Les prix de l'or ont rebondi à leur plus haut niveau depuis près de trois semaines après que les États-Unis et l'Iran ont convenu d'un cessez-le-feu de deux semaines, alors même que la perspective d'une désescalade aurait normalement tendance à refroidir la demande de valeur refuge. Le cours au comptant du métal précieux a progressé de plus de 2 % mercredi pour s'échanger autour du milieu des 4 700 dollars l'once, après avoir bondi de plus de 3 % plus tôt pour atteindre son niveau le plus élevé depuis le 19 mars, tandis que les contrats à terme sur l'or américain pour livraison en juin ont également progressé.
Ce mouvement intervient dans le sillage d'une forte baisse en mars, lorsque l'or a chuté d'environ 10 % alors que la hausse des prix du pétrole, l'inflation persistante et la solidité des données économiques américaines ont amené les investisseurs à revoir à la baisse leurs attentes de baisse des taux de la Federal Reserve. Des rendements du Treasury plus élevés et un dollar plus fort ont pesé sur le métal non rémunérateur, même si le conflit en Iran s'intensifiait. Le rebond de mercredi suggère que, pour l'instant, les évolutions des perspectives de taux d'intérêt et de devises exercent plus d'influence sur l'or que les fluctuations des risques géopolitiques à la une.
Cessez-le-feu, pétrole et contexte macroéconomique
Le cessez-le-feu, annoncé après que le président américain Donald Trump a accepté de suspendre les frappes pendant deux semaines en échange de la réouverture par l'Iran du détroit d'Ormuz aux expéditions d'énergie, a déclenché un large rebond de soulagement sur les marchés mondiaux. Les prix du pétrole ont fortement chuté, les principaux indices repassant sous la barre des 100 dollars alors que les traders réévaluaient le risque d'une perturbation prolongée de l'offre. Dans le même temps, le dollar américain s'est replié par rapport à ses récents sommets et les marchés obligataires se sont renforcés, allégeant ainsi la pression sur les rendements réels.
Les analystes cités par les principaux médias estiment que cette combinaison d'un dollar plus faible, de prix du pétrole plus bas et d'une diminution des craintes d'inflation à court terme a contribué à raviver l'intérêt pour l'or, même si la prime de guerre immédiate s'estompe. Certains notent également que la nature fragile du cessez-le-feu continue de soutenir la demande de couvertures contre une nouvelle volatilité.
Taux, inflation et perspectives
Pour la Fed, le choc au Moyen-Orient a compliqué une trajectoire de taux déjà incertaine. Le compte rendu de la réunion de mars de la banque centrale, publié mercredi, a montré que les responsables restaient préoccupés par le risque que l'inflation reste au-dessus de l'objectif plus longtemps, en partie à cause de la hausse antérieure des prix du pétrole. Si de nombreux décideurs voient encore la possibilité de baisser les taux à terme, le compte rendu a également mis en avant leur volonté de garder ouverte l'option d'un resserrement supplémentaire si les pressions sur les prix ne s'atténuent pas.
Les traders vont désormais surveiller les prochaines données sur l'inflation américaine pour évaluer si le récent repli du pétrole se traduit par un soulagement pour la hausse des prix à la consommation. Un chiffre supérieur aux attentes risquerait de renforcer le scénario de taux élevés plus longtemps, un contexte qui a tendance à limiter les rebonds de l'or en soutenant les rendements et le dollar. Des données plus faibles, en revanche, pourraient conforter l'idée que la Fed pourra finalement assouplir sa politique, ce qui serait plus favorable au métal.
Un équilibre fragile
Le cessez-le-feu lui-même reste temporaire et conditionnel, des négociations devant se poursuivre au Pakistan plus tard cette semaine et toutes les parties reconnaissant l'existence de nombreux points non résolus. Toute rupture des discussions qui ferait à nouveau grimper les prix du pétrole ou raviverait les craintes d'un conflit plus large pourrait rapidement modifier l'équilibre des facteurs influençant l'or, en réintroduisant potentiellement une forte demande de valeur refuge tout en durcissant les conditions financières.
Pour l'instant, l'or est tiraillé entre deux forces : le soulagement qui a fait baisser les prix de l'énergie et soutenu un dollar plus faible, et l'incertitude persistante quant à la trajectoire du conflit et à la réaction de la Fed face à une inflation tenace. La façon dont cette tension se résoudra — à travers les données à venir, la communication des banques centrales ou les développements sur le terrain — déterminera probablement si le récent rebond marque le début d'une tendance haussière plus durable ou simplement une pause dans un marché encore fragile.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures.